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Fauteuil Club #7 – Réapprendre à parler « local » dans un monde où nos références sont devenues mondiales

Innover  Rayonner  S'instruire

Laurent Moussinac, Fondateur d’Artigas Films et créateur du compte insta « Oh là là Toulouse » raconte la ville et son patrimoine autrement ; sa démarche a inspiré le dernier « Fauteuil Club » (le podcast made in Club de la Com disponible sur les plateformes ) Interview.

Laurent Moussinac tu es notre œil avide de curiosité et amoureux d’art. Lorsqu’on te suit on se perd dans les méandres les plus étonnants et insolites et emplis de beauté que recèle notre ville. Toutes tes anecdotes qui partent d’une observation, d’un détail en relief, nous connectent à d’autres lieux, d’autres réalisations, d’autres époques, d’autres passionnés comme toi, des petits jeux qui attisent notre instinct de pisteur et tout cela avec un sens merveilleux de l’image, du timing et du montage, ton univers d’origine.

C’est un mouvement chez toi naturel que tu t’es mis à partager tout aussi naturellement… Mais j’imagine aussi que le lancement de « Oh là là Toulouse » a boosté cette pratique de « passeur d’histoire(s) » de bien des façons… Tu nous racontes en 3 mots ?

J’ai toujours été curieux, et il est vrai que je suis plutôt bavard et enclin à partager mes dernières trouvailles avec mes proches. Et ça depuis petit.  Forcément avec Oh là là Toulouse, j’ai un peu forcé l’exercice, et je suis, en quelque sorte, devenu un super-curieux. C’est donc assez naturellement que je me suis mis à compiler davantage d’anecdotes, à approfondir certaines pages de l’histoire toulousaine que je ne connaissais que de loin. Par la force des choses, ces histoires que je répétais avec grand plaisir à mes proches, je les répète aujourd’hui, en toute confidence, à une audience bien plus large, grâce à la puissance des réseaux sociaux. On peut donc parler de passeur, de médiateur au sens premier ; je m’attache à faire le lien entre l’information et le destinataire de cette information.

Crédits Alicia Fuenmayor Cardozo
Photo provenant du site : www.ohlalatoulouse.com

On a vu fleurir avec Insta une tendance à valoriser le patrimoine de cette ville. Comment toi tu te démarques, pour extraire l’essentiel et affirmer ton style, c’est quoi ton truc en plus ?

Alors, je dirais que mon premier truc en plus, c’est de l’avoir fait assez tôt. Il y avait une place à prendre, car si ce type de contenu existait à Paris, ce n’était pas vraiment encore le cas à Toulouse. Ensuite, ce qui me démarque peut-être le plus, c’est que je suis à la croisée des mondes entre un influenceur et un média. J’incarne à la première personne, mais la star ce n’est pas moi, la star, c’est Toulouse ! Et l’information que je transmets, elle est en grande partie éditorialisée, comme le ferait un média. Et c’est peut-être ça, cette créature hybride, à la fois très spontanée, très sincère, mais organisée, qui plaît !

Photo provenant du site : www.ohlalatoulouse.com

D’un point de vue « com », ta démarche s’apparente à réapprendre à parler « local » dans un monde où nos références sont devenues mondiales. A travers une approche micro, tirer des fils qui nous ramènent à cette culture universelle, mais peut-être aussi une « autre » culture, une culture qui tend à se perdre auprès des générations actuelles ? 

Bref un acte de résistance d’un certaine façon ? Ou bien à l’inverse ta mission ici c’est nourrir une curiosité et une demande qui est bien présente… Tu vois ça comment ?

Un acte de résistance, je ne sais pas. Je n’ai pas non plus l’impression d’être dans une démarche aussi radicale. Ce que je le fais, je le fais avec légèreté. C’est la passion qui m’a donné envie de partager ces histoires. Je pense que c’est surtout une démarche d’accessibilité : comment on rend toutes ces histoires accessibles au plus grand nombre. Comment on utilise la force des réseaux sociaux, la puissance de la vidéo, pour diffuser de la connaissance. Et comment faire en sorte que les Toulousains et les Toulousaines se saisissent de ces histoires et les partagent à leur tour. Faut se dire qu’un habitant qui répète une histoire à sa famille, à ses amis, c’est un habitant qui devient acteur du rayonnement de sa ville. Voilà peut-être qui résume mon objectif : offrir aux Toulousains la possibilité de faire rayonner Toulouse en devenant, à leur tour, les passeurs des histoires de la ville.

Photo provenant du site : www.ohlalatoulouse.com

Le compte « Oh là là Toulouse » a t-il vocation à faire des émules, des bébés, évoluer vers une autre forme de réalisation ? 

Roooh ! Ça serait chouette ! J’en ai très envie. Mais pour l’heure, rien de concret. Dans un monde idéal, Il y aurait des Oh là là dans toutes les villes. Mais à ma petite échelle, je n’ai pas la machine pour le faire. Ce rêve ne se réalisera que si je le fais en partenariat avec une structure plus solide, avec des moyens d’investissement forts. D’ailleurs, si vous lisez ceci et que vous êtes à la tête d’un groupe média national qui a envie de parler patrimoine et culture au niveau local, on peut se boire un café !


Article rédigé par Mélanie Carpentier, Responsable Communication culturelle, Presse & RP – Ville de Tournefeuille.

Membre du Comité éditorial du Club de la Com.

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