Martin Venzal - ToulEco

Jeudi 8 septembre 2022
Relations Médias

Introduction : présentation du journaliste/de son média

Après avoir fait ses débuts à la Dépêche du Midi, à Radio Campus et à la Croix du Midi, Martin Venzal a travaillé à la pige à Paris, notamment au Parisien et à RFI. Après avoir participé à l'aventure des start-ups avec Cityvox en 2000, il redescend à Toulouse comme correspondant régional, notamment pour Aujourd'hui en France, BFM Radio et la Tribune. Martin Venzal a collaboré à plusieurs médias nationaux (L'Express, CB News, LSA, Marie-Claire) et régionaux (Tout Toulouse, la Dépêche du Midi, etc.), avant de co-fonder en 2008 le média d'information économique régional ToulÉco. 

 

  • Une expérience marquante dans votre carrière ?

Les aventures de ToulÉco et de Ramdam bien sûr ! La première, en 2008, est partie d'une expérimentation : celle de pouvoir lancer un média en ligne sur l'économie régionale (à l'époque, ce n'était que Midi-Pyrénées) et essayer d'en vivre. Nous étions une douzaine de journalistes dans le projet, principalement issus du cahier Économie de la Dépêche du Midi sous la rédaction de Philippe Hugon. Et je pense qu'au lancement, aucun d'entre nous ne pensait que nous serions encore là quatorze ans plus tard. 

L'autre aventure date de 2015, puisqu'elle porte sur la reprise du média Ramdam, excellent magazine culturel régional fondé par Pierre Combes [ancien membre et administrateur du Club, NDLR]. Avec, là encore, de vrais défis à relever en matière de choix éditoriaux, mais aussi de support, puisque le digital prend une part croissante dans nos activités (et cela continue). 

Le point commun de ces deux projets reste l'humain, car, hormis des départs en retraite et quelques renouvellements salutaires, les journalistes de l'époque sont toujours présents sur chaque média. Or ce qui caractérise une rédaction aujourd'hui, cela reste les femmes et les hommes qui la composent. Vous pouvez coucher sur le papier la ligne éditoriale la plus spécifique qui soit, ce sont, au final, toujours les journalistes qui écrivent les sujets et prennent les photos ! 

 

  • Qu’est-ce qui fait un bon sujet ?

Je pense que c'est une question que l'on doit se poser à chaque conférence de rédaction. Il y a plusieurs règles qui peuvent déterminer un bon sujet. Par exemple, un sujet qui suscite le débat lors d'une réunion de rédaction est nécessairement un bon sujet. Mais au-delà de cela, c'est le lecteur qui décide, en le lisant, si un sujet est bon ou pas. Et c'est pour ça qu'il faut toujours se mettre à sa place. Très souvent, en réunion, on s'imagine des idées, on choisit les angles, on réfléchit aux personnes à contacter et au bout d'une heure d'échange, on oublie de poser cette question fatidique : le lecteur trouvera-t-il cet article/dossier intéressant ? Va-t-il cliquer sur le lien pour le lire ? Va-t-il acheter le magazine ? Moi-même, en tant que lecteur, est-ce que je considère que c'est un bon sujet ? Les réponses dépendent toujours du profil de lectorat, caractéristique de chaque média. D'où la nécessité de bien connaître celles et ceux qui nous lisent. 

 

  • Un conseil pour ceux qui se lancent ?

Mon conseil s'adresse à celles et ceux qui veulent créer un média : lancez-vous ! Il y a aujourd'hui trop peu de projets presse en France. C'est un secteur qui a beaucoup souffert ces dernières années, la presse ayant été le premier secteur a à être « ubérisé » avant même l'arrivée d'Uber, il y a une vingtaine d'années de cela. La conséquence, c'est que l'on est aujourd'hui confronté à un problème de modèle économique, mais aussi de ressources car, sans perspectives, toute une génération s'est orientée vers d'autres secteurs. Bien sûr, les écoles de journalismes n'ont jamais autant formé de jeunes, mais dans leur grande majorité, hélas, il y a encore beaucoup de fantasmes sur ce métier (la moitié des garçons veulent travailler dans un média sportif par exemple). Combien de jeunes sortis d'écoles restent dans le métier, cinq ans après ?

Pourtant, le secteur peut s'appuyer sur des technologies en pleine effervescence : aujourd'hui, les réseaux sociaux, les podcasts, les livres audio ; demain, les multivers et les lunettes 3D... Il reste tout à inventer. Très souvent, un média est générationnel, tant dans sa forme, son support, que sur le fond, sa ligne éditoriale. Il me tarde donc de découvrir ce que la relève va nous préparer et de lire les sujets des Thinkerview et des Quartz de demain.