[RETOUR SUR] Soirée Com&Femme consacrée au Marketing de Genre - 6 novembre 2018

Jeudi 22 novembre 2018
Autre
 
LE FÉMININ L’EMPORTE !
 

« Me Too » ; « égalité Hommes-Femmes » ; « lutte contre les stéréotypes » ; « publicités » ; « produits genrés », « marketing »… ces mots retentissent dans la salle de conférence de la Fondation Bemberg, ce soir du 6 novembre.

Près de 90 personnes, en majorité des femmes, ont participé à ce premier rendez-vous organisé par le Club de la Com sur le thème du : « marketing de genre ».

« Comment dans  le domaine de la communication et du marketing, pouvons-nous être acteurs du changement ? » interroge l’animatrice Nathalie Bathellier. Et de rajouter amusée : « Allumez vos smartphones pour répondre en direct au quizz, vous évaluerez vos connaissances ! ». La soirée, se veut pédagogique, ludique et musicale. Elle l’est.

Six intervenantes et un intervenant, vont à tour de rôle, au rythme d’un tempo court et tonique parler de leurs engagements professionnels comme consultants, professeure, journaliste. Par exemple, Caroline Cuny-Delacour, dans un magazine sportif a eu du mal à casser en couverture les codes de « virilité » du rugby… Sera évoquée également l’utilisation des sciences cognitives pour mieux comprendre les comportements sexistes, etc.

A L’ACTION LES COMMUNICANTS !

Sophie Iborra : « En France et dans le monde, les femmes libèrent leurs paroles contre les violences et les problèmes d’égalité. En tant que pro de la com, on doit faire attention à ne pas tomber dans les stéréotypes ! ». En écho, Michel Abitteboul, souligne que « les neurosciences sont de plus en plus utilisées pour étudier le comportement des consommateurs. Comment lutter contre les clichés dans la communication ? En intégrant la diversité et la sécurité psychologique, le lâcher prise, en questionnant ses zones de confort… »

Pour Sophie Nanin plus directe : « il faut savoir s’imposer, inciter les femmes à en vouloir. Osez ! »

Quelques bruissements dans la salle lors de l’intervention de Sylvie Borau : « Le marketing genré continue à se développer, pourquoi ? Le consommateur y trouve un bénéfice, le produit est une extension de soi, de sa valeur physique… »

Si ça ne nous plaît pas ! Aurélie Salvaire nous incite à passer à l’action : « Si une pub vous choque, ne vous plaît pas,  vous pouvez le faire savoir sur les réseaux sociaux ou signer une pétition. Les marques ont le pouvoir de détruire les clichés, elles ont un intérêt économique à faire du femvertising ! »

Et la langue française dans tout cela, inclusive ou pas ? « Le masculin l’emporte sur le féminin », rappelons-nous nos cours de grammaire… « Comment retrouver, s’interroge Emmanuelle Durand-Rodriguez, le féminin de la langue française utilisé au Moyen-Age et disparu au XVIIe siècle ? »

Paul Monnier lui, répond pour conclure: « Six femmes pour un homme, ce soir, le féminin l’emporte ! »

 
 
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Regards portés par nos intervenants sur le sujet : 
 
Aurélie Salvaire
Conférencière, fondatrice de Shiftbalance (think tank sur l'égalité des genres), auteure de « Equilibre le monde ! » solutions innovantes au sexisme ordinaire.
 
Que vous inspire le monde des marques en matière d’égalité hommes-femmes ?
 
Grâce à son rôle prépondérant, la publicité est le lieu tout désigné où doit s’opérer le changement. Les marques ont un pouvoir immense de destruction des stéréotypes et de renversement des clichés, c’est ce qui se passe avec le « femvertising », que je développerai et illustrerai par des exemples de campagnes et initiatives innovantes et inspirantes !
 
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Sophie Iborra
Ancienne dirigeante d’une agence de publicité, directrice de communication freelance en charge notamment des forums nationaux des innovations, engagée depuis plus de 10 ans sur les problématiques d’égalité entre les femmes et les hommes.
 
Qu’est-ce qui vous a interpelée dans cette problématique ?
 
Le marketing de genre –gender marketing- est né d’une volonté de rupture avec les schémas sexistes présents dans les publicités antérieures aux années 70. Ce qui m’interpelle, c’est l’évolution des représentations dans la publicité qui vante ces produits marquetés des années 80 à nos jours. On assiste à une inversion des stéréotypes qui ne reflète toujours en rien la réalité sociale ! Heureusement qu’une prise de conscience toute récente célèbre et impose un nouveau modèle enfin juste, celui des identités plurielles ! Comment le monde du marketing gère t-il la chose ? 
 
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Sylvie Borau
Enseignant-Chercheur en Marketing à Toulouse Business School. A travaillé pendant 8 ans pour divers instituts d’études à Paris et Toronto (TNS, IFOP, IPSOS). Ses sujets de recherche portent sur le marketing genré ainsi que l’attractivité physique et les images sexualisées dans la pub.
 
Comment définissez-vous le marketing genré ?
 
Le marketing genré repose sur une segmentation hommes – femmes par les marques. Les consommateurs sont ciblés de manière différenciée en fonction de leur sexe. Taxé de sexiste, le marketing genré continue pourtant de se développer. Pourquoi ? Car les consommateurs y trouvent un bénéfice. Les produits genrés sont une extension d’eux-mêmes, en adéquation avec leur niveau de féminité ou de masculinité. Ce n’est pas parce que certaines pratiques sont taxées de sexistes que les entreprises cesseront de les appliquer, si elles sont lucratives.
 
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Sophie Nanin
Consultante en communication, fondatrice d’Osez Entreprendre au Féminin, le leadership au féminin.
 
Quelle est le rapport entre leadership et marketing de genre ?
 
Le marketing est voué à évoluer en même temps que les mentalités en matière de leadership. Je m’appuie sur des constats, des témoignages qui disent bien le pouvoir écrasant de l’autocensure qu’exercent les femmes sur leur pouvoir d’action. Ce que je souhaite démontrer c’est que les femmes sont déjà des leaders, mais des leaders qui s’ignorent. Changer les comportements, passer des stéréotypes négatifs à un réel progrès, c’est cela notre horizon actuel et la seule issue au « plafond de verre ». A la lutte pour l’égalité je réponds : luttons pour l’indépendance ! Avec l’implication des hommes et des femmes.
 
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Michel Abitteboul
Consultant en stratégie comportementale et de communication, praticien certifié en neurosciences cognitives et comportementales.
 
D’où viennent nos conditionnements, comment influencent-ils nos comportements, comment évoluer ?
 
4 prix Nobel l’ont expliqué : pour être plus pertinente, l’Économie doit intégrer... les émotions et les pensées. Les sciences cognitives et les neurosciences démontrent que l’être humain utilise deux modes de fonctionnement du cerveau ; le premier mode, qui véhicule nos principes, nos clichés, nos jugements hâtifs ... occupe 90% de notre quotidien. On comprend alors mieux comment se propagent les comportements sexistes…
 
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Caroline Cuny Delacour
Responsable communication du Groupe La Dépêche du Midi.
 
Quelle relation entretiennent médias et stéréotypes ?
 
L’observation des anciens et des nouveaux stéréotypes qui accompagnent la commercialisation des produits genrés m’amènent à m’interroger : quelles sont les raisons pour lesquelles la segmentation genrée peut-elle (encore et toujours) fonctionner ?
Pour moi, on assiste à un nouveau phénomène qui dépasse le marketing de genre, et qui dépasse les clichés sexistes vis-à-vis des femmes : une hyper personnalisation des produits, à confronter avec l’avènement de la data.
 
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Emmanuelle Durand-Rodriguez
Journaliste, fondatrice d’Objectifs News devenu La Tribune, directrice de projets éditoriaux sur le langage comme reflet de la société.
 
Quelles actions peuvent porter les médias pour une meilleure visibilité des femmes ?
 
De la même façon que le marketing peut avoir tendance à s’appuyer sur des stéréotypes sexistes, les médias sont porteurs de représentations déformées de la place des femmes dans la société en privilégiant par exemple les interviews d’experts hommes. Les journalistes prennent conscience de l’importance de rendre l’action et l’expertise des femmes plus visibles à travers des initiatives comme l’Annuaire des expertes. Les rédactions s’interrogent aussi sur l’évolution de la langue française car pour les femmes le principe selon lequel « le masculin l’emporte sur le féminin » n’est plus audible. Plusieurs médias adoptent ainsi les principes du langage inclusif ou non sexiste mais le sujet fait l’objet de discussions enflammées dans les rédactions.